Quartiers d’intervention

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Selon le recensement de la population effectué en 2014, la population du 19e arrondissement est de 187 550 habitants[1]. Le 19e arrondissement[2] présente une densité brute parmi les plus élevées de Paris avec 27 104,2 habitants/km² en 2006, contre 25 417,8 en 1999. Situé au Nord-Est parisien, il est au contact des 18e, 10e, 11e et 20e arrondissements à l’Ouest, et des communes d’Aubervilliers, de Pantin, du Pré-Saint-Gervais et des Lilas à l’Est.

 

Jusqu’en 2014, le 19e arrondissement compte trois sites en politique de la ville : l’un au Nord, le quartier Paris Nord-Est (PNE), sur les 18e et 19e arrondissements ; l’un à l’Ouest, le quartier Flandre ; et l’autre à l’Est, le quartier Danube-Solidarité. Ces quartiers font partie des quatorze zones bénéficiant du contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) de Paris signé en 2007, dont les priorités sont, conformément avec la circulaire ministérielle du 24 mai 2006 : habitat et cadre de vie, accès à l’emploi et développement économique, réussite éducative, santé, citoyenneté et prévention de la délinquance (équipements, voirie, éclairage, espaces verts, convivialité, animations…).

La réforme de la politique de la ville et de la géographie prioritaire survenue en 2013 et 2014 modifie vers une extension, dès 2015, les territoires prioritaires du 19e arrondissement : de nouveaux quartiers font leur entrée dans la nouvelle géographie prioritaire 2015-2020 : Chaufourniers, Algérie, rue de Nantes, la Marseillaise et Compans.

 

Depuis 2015, le territoire d’intervention de l’Atelier Santé Ville est composé des quartiers :

  • Stalingrad Riquet
  • Michelet / Alphonse Karr / Rue de Nantes
  • Danube / Solidarité / Marseillaise
  • Algérie
  • Chaufourniers
  • Porte de la Chapelle / Charles Hermite : partie de ce quartier sur le 19e arrondissement (bd Mac Donald)
  • Compans / Pelleport : partie de ce quartier sur le 19e arrondissement (quartier Compans)

 

[3]L’ensemble des quartiers du 19e issus de la nouvelle géographie prioritaire rassemble 58 162 habitants, soit 31% de la population de l’arrondissement, sur une superficie de 227 ha, soit un tiers de la superficie de l’arrondissement. Globalement, l’ensemble des quartiers du 19e compte deux tiers de logements Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU), contre 17% à Paris. La population des moins de 25 ans représente un peu plus d’un tiers de la population des quartiers politique de la ville du 19e, contre 28 % à Paris. Ces quartiers accueillent une population modeste, appartenant majoritairement (53,6%) à la catégorie socio professionnelle « employé-ouvrier » contre 26% à Paris. Le chômage est important, puisqu’il touche près de 17% de la population des quartiers du 19e, contre 10% à Paris. 26% des ménages vivent sous le seuil de bas revenus, contre 11% à Paris. Environ 20 % des jeunes sont ni en emploi ni en étude, contre 8 % à Paris. La population d’origine étrangère représente un peu plus de 20% de la population des quartiers, contre 14 % à Paris.

 

Toutefois on observe des différences entre les quartiers populaires du 19e arrondissement

 

4) Le quartier Stalingrad / Riquet (dont les Orgues de Flandre)

 

Délimitation géographique

L’îlot Riquet se trouve dans la partie centrale du quartier, marquée par la présence des quatre tours des Orgues de Flandre (copropriétés et logements sociaux), hautes de plus de 100 m. Ce quartier a été retenu dans le cadre du nouveau programme national de rénovation urbaine au titre de quartier d’intérêt régional. Le secteur Sud du quartier est localisé autour des rues du Maroc, d’Aubervilliers, le boulevard de la Villette et l’avenue de Flandre. Il accueille d’avantage d’habitat ancien ainsi que de nombreux logements sociaux.

 

Caractéristiques sociodémographiques de la population

Sur l’ensemble de ce quartier, plus d’un tiers des habitants a moins de 25 ans (36,6% contre 28% à Paris).

Ce secteur accueille une population modeste, plus d’un habitant sur deux est employé ou ouvrier (contre 27% à Paris). La part de la population vivant sous le seuil de bas revenus est élevée (27,3% contre 11,4% à Paris).

La population d’origine étrangère est nombreuse (32,2% contre 20% à Paris).

L’échec scolaire est fréquent et témoigne des difficultés sociales. 43% des habitants n’ont pas de diplôme en 2011 (21,5% à Paris).

Le tissu commercial est peu dense : on ne dénombre que 7 commerces pour 1000 habitants (28 commerces pour 1000 habitants à Paris). On note une vacance importante en augmentation à l’échelle du quartier.

Le quartier dénombre plus de deux tiers de logements sociaux SRU (18% à Paris).

La Zone de Sécurité Prioritaire du 19e arrondissement (ZSP) est en partie localisée sur ce secteur, ainsi des moyens supplémentaires y sont déployés (réseaux de professionnels et financements spécifiques).

Sur le volet éducatif, les quatre réseaux d’éducation prioritaire (Méliès, Pailleron, Mozart et Delaunay) sont constitués de 4 collèges, de 10 écoles élémentaires et 9 écoles maternelles, avec des projets de réseau valable 4 ans (maîtrise de la langue, du soutien à la parentalité, du climat scolaire et de « l’évitement scolaire »), ils viennent renforcer les moyens que l’académie de Paris déploie sur le territoire.

 

 

4) Le quartier Michelet / Alphonse Karr / Rue de Nantes / Rosa Parks / Macdonald

 

Délimitation géographique

Le secteur Michelet / Alphonse Karr / Rue de Nantes, situé sur une frange métropolitaine de l’arrondissement, comporte 10 313 habitants. Il est organisé en quatre quartiers : rue de Nantes -composée d’immeubles type haussmannien et de logements sociaux-, rue Alphonse Karr -composée de logements sociaux-, la résidence Michelet (Curial Cambrai) -inscrite dans le programme national de rénovation urbaine- et Rosa Parks Macdonald -concerné par le grand projet de renouvellement urbain engagé en 2002-. La zone « Rue de Nantes » fait son entrée dans la nouvelle géographie prioritaire au titre du contrat de ville 2015-2020.

 

Caractéristiques sociodémographiques de la population

Sur l’ensemble du secteur, la population est jeune -les moins de 25 ans représentent un tiers de la population- et modeste, plus de la moitié des habitants appartiennent à la catégorie « employés et ouvriers ».

Le taux de chômage est élevé (19,7%), tout comme la part des foyers vivant sous le seuil des bas revenus (26,2% contre 20% à Paris).

Un quart des ménages est représenté par des familles monoparentales.

La population d’origine étrangère est nombreuse (30% de la population contre 14,8% à Paris).

Les difficultés scolaires sont fréquentes et sont souvent en lien avec d’autres difficultés sociales. 45% des habitants n’ont pas de diplôme en 2011 (21,5% à Paris). De même, une part importante des jeunes ne se trouve ni en étude ni en emploi : ces situations d’inactivité concernent près d’un jeune de 16 à 25 ans sur cinq.

Le secteur compte plus de deux tiers de logements sociaux SRU (18% à Paris).

Le tissu commercial est peu dense, on ne dénombre que 10 commerces pour 1000 habitants. En termes de projet d’envergure à venir dans le quartier, l’inauguration de la station Rosa Park du RER E, fin de l’année 2015, permettra de relier cette partie de l’arrondissement au réseau de transport en commun francilien, mais également de contribuer au désenclavement des quartiers par le franchissement souterrain des voies.

Sur le volet éducatif, le réseau d’éducation prioritaire (REP) Michelet, constitué d’un collège, de 6 écoles élémentaires et 6 écoles maternelles, avec un projet de réseau valable 4 ans (maîtrise de la langue, du renforcement du lien école/famille, de l’amélioration du climat scolaire et de la lutte contre « l’évitement scolaire »), vient renforcer les moyens que l’académie de Paris déploie sur le territoire.

 

 

4) Le quartier Danube-Solidarité Marseillaise

 

Le quartier Danube Solidarité Marseillaise accueille 7900 habitants sur une superficie de 18 hectares. La zone « Marseillaise » fait son entrée dans la nouvelle géographie prioritaire au titre du contrat de ville 2015-2020.

En matière d’habitat, le parc de logements du quartier dans son ensemble est quasiment exclusivement composé de logements sociaux SRU (94% du parc) en majorité géré par le bailleur social Paris Habitat. Le parc est partagé entre plusieurs groupes d’époques et de formes différentes : deux tiers ont été construits avant 1948 et un tiers entre 1949 et 1981. De plus, une réhabilitation des logements ainsi que des espaces collectifs en coeur d’îlot, rue de la Solidarité, a été réalisée par Paris Habitat.

Le quartier accueille de nombreux jeunes : plus d’un tiers des habitants ont moins de 25 ans (contre 28% à Paris).

Au niveau du profil familial, on note la présence de familles monoparentales modestes qui représentent 39% des familles du quartier (12,5% en moyenne à Paris).

Les habitants appartiennent en majorité aux catégories socio-professionnelles « employés et ouvriers » (60% au lieu de 27% en moyenne à Paris).

L’accueil de population d’origine étrangère s’est nettement renforcé sur une période récente. La population immigrée représente 29% des habitants du quartier en 2011, au lieu de 20% en moyenne parisienne.

Les indicateurs de précarité sont très élevés. Plus d’un habitant sur trois (35%) vit sous le seuil des bas revenus en 2013 (11% à Paris). Le chômage est fort, puisqu’il concerne 22% des actifs du quartier (10% à Paris). Par ailleurs, près d’un habitant sur deux (47%) est sans diplôme.

L’activité commerciale est peu développée : on dénombre 7 commerces pour 1000 habitants (contre 28 pour 1000 habitants à Paris).

L’offre d’équipements, de même que l’offre médicale, demeurent faibles, en retrait de l’offre moyenne des autres quartiers. Le jardin Hérold a été livré en 2012, permettant d’accueillir également 2 espaces gérés par des associations –jardins partagé et solidaire-.

Sur le volet éducatif, le réseau d’éducation prioritaire renforcé Rouault et le réseau d’éducation prioritaire Budé, avec un projet de réseau valable 4 ans (maîtrise de la langue, des pratiques culturelles, de l’accompagnement des élèves vers la réussite et du renforcement du travail en partenariat), viennent renforcer les moyens que l’académie de Paris déploie sur le territoire.

 

 

4) Le quartier « Algérie »

 

Le quartier réglementaire Algérie fait son entrée dans la nouvelle géographie prioritaire au titre du contrat de ville 2015-2020.

Il accueille environ 1800 habitants sur une superficie de 4 hectares et correspond à un ensemble de logements sociaux SRU (95,6%) gérés par le bailleur Paris Habitat, en majorité anciens, datant d’avant 1948.

Ce quartier est marqué par une forte présence de jeunes (32% des habitants ont moins de 25 ans contre 28% à Paris).

Il accueille une population modeste appartenant majoritairement à la catégorie socio-professionnelle « employé et ouvrier » (65% contre 27% à Paris).

Les indicateurs de précarité sont élevés, témoignant des difficultés sociales importantes sur ce secteur : 31% des habitants vivent sous le seuil des bas revenus (11% à Paris). Le chômage concerne 22% des actifs. Plus d’un habitant sur deux est sans diplôme (53% contre 21,5% à Paris).

L’offre de commerces et l’offre en équipements sont faibles sur ce quartier à dominante résidentielle.

 

 

4) Le quartier « Chaufourniers »

 

Le quartier réglementaire Chaufourniers fait son entrée dans la nouvelle géographie prioritaire au titre du contrat de ville 2015-2020.

Il accueille 1700 habitants, sur une superficie de 4 hectares. Il correspond à un ensemble de logements sociaux SRU gérés par le bailleur Paris Habitat, en majorité anciens, datant d’avant 1948, concernés par une opération de réhabilitation. Ce quartier est marqué par une forte présence de jeunes (30% des habitants ont moins de 25 ans contre 28% à Paris).

On note aussi une présence importante de personnes âgées, supérieure à la moyenne parisienne (18% ont 65 ans et plus, contre 14% à Paris).

Il accueille une population modeste, appartenant majoritairement à la catégorie socio-professionnelle « employés et ouvriers » (68% des habitants contre 27% à Paris).

Les familles monoparentales de catégories sociales modestes sont surreprésentées au sein de ce quartier : elles forment près de la moitié des familles (45% des familles, contre 12,5% à Paris).

Les indicateurs de précarité sont élevés, témoignant des difficultés sociales importantes sur ce quartier : 29% des habitants vivent sous le seuil des bas revenus (11% à Paris). Le chômage concerne 18% des actifs (10% à Paris). Plus d’un habitant sur deux est sans diplôme (53% contre 21,5% à Paris).

L’offre de commerces et l’offre en équipements sont particulièrement faibles sur ce quartier à dominante résidentielle, à l’exception du boulevard de la Villette qui jouxte le quartier.

Par ailleurs, le secteur vient d’être intégré au secteur desservi par l’équipe de Correspondants de Nuit du Bas Belleville.

 

 

[1] INSEE. « Populations légales du département de Paris, ses arrondissements, ses cantons et ses communes » – données 2013 entrant en vigueur au 1er janvier 2016 – (http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/departement.asp?dep=75&annee=2013)

[2] INSEE. Chiffres clés – Résultats du recensement de la population – 2011 (http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=99&ref_id=infra-population-11)

[3] Sources : EDL « Contrat de ville 22015-2020 – projet de territoire – Quartiers du 19e arrondissement » – Novembre 2015