La génération dite du numérique connaît depuis bientôt plusieurs années une nouvelle tendance de style qui convainc de plus en plus les ados et même certains adultes. Cette nouvelle tendance de style très connue est le piercing. Toutes les parties du corps sont mises à l’épreuve pour servir de point de perçage dans le seul et unique but d’être toujours plus beau ou encore être dans la tendance du moment. Mais, c’est sans compter les nombreux risques auxquels est soumis l’organisme lorsque le piercing est mal exécuté. Quels sont les dangers auxquels notre organisme est exposé en cas de piercing mal fait ? Quels sont les risques d’infection qui y sont liés ?

Zoom sur le piercing

Pour ceux qui ne le savent peut-être pas encore, le piercing est le fait de perforer un point précis de la peau afin d’y poser un dispositif décoratif. Traditionnellement, la méthode utilisée pour faire le piercing est la perforation à l’aiguille. Mais, depuis quelques années, une autre méthode a fait son apparition : il s’agit de la perforation au pistolet. Ainsi, le piercing s’effectue non seulement pour un objectif esthétique, mais également pour montrer son appartenance à un groupe social ou un mouvement punk ou gothique. Dans certaines régions (amérindiennes, asiatiques, indo-européennes…), cette pratique est bien plus ancienne, témoigne d’une appartenance ethnique et se fait lors des rituels de communauté. Au cours de ces séances de piercing, aucune précaution n’est prise, ce qui augmente le taux de mortalité suite à des complications. Mais, dans notre société actuelle, la médecine a connu de réels progrès et permet de remédier aux risques de santé liés au piercing. Quels sont donc ces risques et comment les soulager ?

Les parties du corps impliquées

Selon une étude récente réalisée en Angleterre, le piercing se fait généralement sur certaines parties très connues du corps. Il s’agit du nez, du nombril, des oreilles, de la langue, des mamelons, des lèvres, des sourcils, des organes génitaux. Cette tendance s’observe aussi bien chez les hommes que chez les femmes. La tendance est plus accentuée chez les adolescents.

Les types de piercings

Généralement, les piercings sont constitués d’éléments décoratifs qui se vissent ou se clippent. Ainsi, on distingue le piercing :
  • barbelle ;
  • labret ;
  • anneau ;
  • banane ;
  • étrier ;
  • tunnel et plug. 

Quels sont les risques ?

Le principal risque du piercing est la contamination virale ou bactérienne. Si les règles en la matière ne sont pas respectées, alors il existe un risque réel de transmission de verrues ou de virus (VIH, hépatite B ou C). Il est donc primordial de requérir à un professionnel sérieux et compétant.

Les risques liés au piercing de la bouche, de la langue et des lèvres

Si votre piercing est fait par un professionnel, alors les risques d’infection et de rejet sont plus ou moins maîtrisés ou limités. Mais, dans tous les cas, certaines réactions inflammatoires suivent toujours ou presque la pose du piercing. Cette réaction se remarque dans les cinq jours qui suivent la date de pose.

La réaction inflammatoire peut se manifester de différentes manières selon chaque organisme. Généralement, on assiste à un gonflement local, une sensibilité, un saignement léger, un hématome, une petite ulcération ou encore un petit écoulement transparent. Le sujet peut aussi avoir des difficultés de locutions durant les premières semaines qui suivent la pose du piercing. Bien que généralement bénignes, ces complications peuvent prendre une tournure plus significative surtout en cas de coagulation.

Aussi, les complications peuvent être précoces ou tardives. Dans le premier cas, elles se manifestent par des réactions inflammatoires ou une hémorragie ou encore une infection bactérienne sévère. Les personnes souffrant de valves cardiaques ou d’immunosuppression sont les plus exposées. Quant aux complications tardives, elles se font remarquer au moment de la cicatrisation. Ce sont principalement des douleurs dentaires ou une hypersensibilité au niveau de la gencive (gingivite) ou encore une érosion de l’émail.

Il est recommandé de procéder à un bain de bouche quotidien et d’éviter :
  • l’alcool ;
  • le tabac ;
  • le sel, l’épice ou la nourriture salée.
De même, il faudra éviter d’avoir des rapports sexuels oraux au cours de la période de cicatrisation.

Les risques liés au bijou

Il faut le reconnaître, le bijou en tant qu’objet métallique de décoration peut être la source d’un éventuel traumatisme ou d’une infection. En effet, chez certaines personnes, la nature du matériau à insérer dans le piercing est mal tolérée par l’organisme et provoque ainsi des allergies et une hypersensibilité. Ce bijou peut être à la base d’une lésion des tissus ou des cellules.

Pour ce qui est du piercing de bouche (lèvre ou langue), si par inadvertance le bijou est inhalé, alors les voies respiratoires risquent d’être obstruées et le risque d’hémorragie n’en serait que plus grand.

Optez donc pour des piercing de qualité.

Les risques liés au piercing du nez et des oreilles

Généralement, les complications du piercing des oreilles sont les plus fréquentes. Elles se manifestent par :
  • une réaction allergique ;
  • une infection mineure ;
  • un abcès ;
  • une formation de chéloïdes ;
  • une déchirure de lobe de l’oreille.
Il faut remarquer que le piercing au niveau de la portion cartilagineuse de l’oreille est le plus pratiqué. Mais, cette zone de l’oreille est peu vascularisée ; ce qui implique qu’elle cicatrise moins bien et le risque infectieux y est accru.

En raison des lésions cartilagineuses provoquées le plus souvent lors de l’utilisation d’un pistolet, une déformation plus ou moins importante et disgracieuse peut s’observer. La périchondrite par exemple est la conséquence d’une mauvaise intervention de la pose du piercing. Elle se caractérise par un œdème douloureux et un érythème du pavillon.

Si les infections locales répondent positivement à une simple désinfection, un traitement antibiotique est indispensable pour traiter la périchondrite. En cas d’abcès, une intervention chirurgicale est recommandée pour procéder à un drainage chirurgical suivi de pansement compressif. Grâce à cette méthode drastique, on évite une nécrose du cartilage et par la même occasion une déformation définitive de celui-ci.

Aussi, certains types de peau sont allergiques aux bijoux en nickel, en or ou en argent. Cela crée des dermatites qui, lorsqu’elles ne sont pas vite traitées, peuvent causer une surinfection bactérienne. Pour les traiter, on procède purement et simplement au retrait du métal incriminé et à une désinfection de la partie contaminée.

Dans la plupart des cas de piercing nasal, les complications sont similaires à celles de l’oreille. Pour certains, le piercing est posé au niveau du septum alors que le bijou devrait idéalement être posé dans la partie molle située en dessous du cartilage septal. Les risques de complication liés à un tel geste sont la perforation septale, la nécrose septale, l’hémorragie avec des conséquences fonctionnelles et esthétiques. Si le septum est touché, alors il faudra faire une antibiothérapie intraveineuse. Une intervention chirurgicale de drainage est également possible. Il faut aussi rappeler qu’il existe le risque d’inhalation ou d’ingestion accidentelle du piercing nasal.

Complications des autres types de piercings

Pour ce qui est des autres types de piercings (au nombril, aux mamelons…), il y a également le risque d’infection, de réactions allergiques, mais également de douleur. Et pour cause, ces parties du corps sont les plus exposées à la transpiration et aussi aux frottements. Ce sont des phénomènes qui induisent une cicatrisation plus lente. En d’autres termes, il s’agit d’un environnement qui est propice aux infections. Chez les personnes en surpoids ou au cours d’une grossesse, il est possible d’assister à un emprisonnement du piercing dans les tissus.

Le piercing des mamelons a besoin d’une longue durée pour cicatriser complètement. Mais, avant que la cicatrisation ne soit complète, le risque infectieux est permanent et non négligeable. Un piercing au niveau des mamelons peut provoquer l’apparition d’un abcès ou interférer avec l’allaitement.

Du côté des organes génitaux, même si le piercing augmente la sensibilité de l’organe de reproduction, il n’en est pas moins qu’il peut être à la base d’infections, de difficultés fonctionnelles, de paraphimosis ou de priapisme. De même, un piercing à ce niveau de l’organisme peut empêcher la mise en place d’un cathéter au moment d’un sondage vésical par exemple.

Quelles sont les personnes les plus exposées ?

Les complications liées au piercing, bien que parfois sévères, sont souvent bénignes. Il faudra retirer de façon temporaire le piercing afin de favoriser sa cicatrisation. Certaines personnes sont plus aptes physiologiquement à développer des complications d’où l’importance d’un bilan de santé avant de procéder à la pose d’un piercing. C’est une précaution sanitaire qui permet d’anticiper les risques. Les personnes les plus exposées sont celles qui souffrent de :
  • diabète ;
  • immunodépression (suite à une maladie ou un traitement) ;
  • troubles de coagulation ;
  • maladies des valves cardiaques ;
  • allergie aux métaux ;
  • sensibilité de la peau (dermatite atopique).

 

Conclusion

Hormis les risques d’infections locales et les réactions inflammatoires, les piercings ont des conséquences peu connues sur le plan de la santé. Aussi, pour les plus fréquentes, elles sont souvent bénignes. Généralement, les personnes ne sont pas informées des risques ni de leur statut (antécédents, traitements médicaux…) avant de réaliser un piercing. Il est donc impératif de faire un bilan de santé avant toute pose de piercing, car une complication de piercing, bien que bénigne, peut être sérieuse, voire mortelle.

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