Virus Zika : transmission et déclaration obligatoire

Mar 2, 2016 par

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Avis du Haut Conseil de la Santé Publique :

 

sur la transmission du virus Zika :

Considérant quelques cas de transmission sexuelle du virus Zika, ainsi que la publication d’une observation du virus infectieux dans le sperme, le Haut Conseil de la Santé Publique a estimé que la transmission sexuelle du virus était probable. Émettant un Avis relatif à la transmission du virus Zika par voie sexuelle, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a formulé des recommandations de précautions qui seront actualisées en fonction de l’évolution des connaissances sur l’importance de la transmission sexuelle du virus. Le HCSP recommande l’information sur les risques d’embryofœthopathies pouvant survenir en cas d’infection et la sensibilisation aux mesures de prévention. Il recommande aux femmes enceintes vivant dans les zones d’épidémie d’éviter tout rapport sexuel non protégé et aux femmes en âge de procréer d’envisager une contraception durant l’épidémie. S’agissant des femmes résidant dans une zone non touchée par l’épidémie, enceintes ou en âge de procréer, le HCSP recommande d’éviter tout rapport sexuel non protégé avec un homme ayant pu être infecté par le virus Zika au moins un mois après son retour de zone d’épidémie. Par ailleurs, le HCSP recommande aux femmes enceintes le report de leurs projets de voyage dans les zones d’épidémies de Zika.

 

sur la déclaration obligatoire du virus Zika:

Le virus Zika est un arbovirus. La transmission est essentiellement vectorielle par les moustiques du genre Aedes qui sont également vecteurs de la dengue et du chikungunya.

Compte tenu de la situation épidémiologique actuelle de l’infection par le virus Zika en France, en particulier dans les départements et territoires français d’Amérique (DFA), et des mesures de surveillance pour les arboviroses émergentes déjà mises en place en outre-mer et en France métropolitaine, le HCSP recommande :

  • d’élargir au Zika, dans chaque territoire (métropole, DFA, Océan indien), les mesures déjà existantes de surveillance de la dengue et du chikungunya, soit :
    • pour les DFA : absence de déclaration obligatoire (DO) mais intégration aux Programmes de surveillance, d’alerte et de gestion des épidémies (PSAGE) ;
    • pour les départements de l’Océan indien : procédure de DO et intégration dans le plan Orsec arboviroses ;
    • pour la France métropolitaine : procédure de DO et intégration dans le dispositif de surveillance renforcée dans le cadre du Plan anti-dissémination de la dengue et du chikungunya ;
  • d’appliquer, dans le respect des indications figurant ci-dessus, la déclaration obligatoire des infections à virus Zika aux seuls cas confirmés biologiquement, importés ou autochtones, hors période épidémique ;
  • que l’ajout du Zika à la liste des maladies à déclaration obligatoire s’accompagne d’une information des professionnels de santé impliqués, afin de les sensibiliser.